Le père Hamel, un prêtre diocésain

La fin tragique du P. Hamel a suscitée un émoi national de citoyens, bien au delà de la
dimension religieuse. Sa mort tragique au cours d'une petite messe de semaine
comme on en connaît tant dans nos paroisses, a mis en lumière son quotidien de
prêtre diocésain. Il assurait un remplacement d'été afin de permettre à son confrère
d'aller en famille. Quoi de plus banal dans une vie fraternelle entre prêtres ?
Sa mort s'ajoute à toutes les victimes innocentes fauchées dans leur quotidien par le
terrorisme.
Dans l'hommage public qui lui a été rendu, l'archevêque de Rouen prenant le parole
disait de lui : »Le Père Jacques ne revendiquait pas sa qualité de prêtre comme un
privilège. Il demeurait un citoyen parmi les autres citoyens. Il participait à la vie
commune, dans la confiance, tissant des liens d’amitié. Ces liens humains formaient
le terreau pour des rencontres qui élèvent l’âme. »
Cette parole forte reflète à mes yeux la profondeur d'une pratique pastorale du prêtre
diocésain. Ni pouvoir, ni privilège mais un être avec un peuple de citoyens.
Prêtre diocésain n'appartenant à aucune congrégation ni famille religieuse, la figure
du P. Hamel reflète à mon sens ce qu'est un prêtre diocésain que l'on dit aussi prêtre
séculier. Le prêtre qui se situe dans un peuple et dans le siècle ne s'enfermant pas
dans son statut clérical.
Cette figure-là n'est pas très valorisée dans le contexte ecclésial d'aujourd'hui. Les
prêtres diocésains deviennent minoritaires et âgés dans la plus part des diocèses en
France. C'est un manque pour l’Église et pour le Monde.
Que le P. Hamel soit canonisé ou pas, il est pour moi un modèle pour ne pas dire le
modèle de ce que doit être un prêtre diocésain pour le Monde et pour l’Église

Yves Mas - Section 69 - Article pour le courrier des lecteur du journal La Croix

 
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